L’objectif majeur de la mission CEAMARC est d’inventorier la biodiversité de la faune et de la flore dans un secteur pratiquement inexploré à ce jour. Des collections de références seront constituées pour tous les groupes, par espèce présumée (différentes tailles, stades…) en prenant en compte la variabilité morphologique, par type de prélèvement (animal entier, tissus pour la biologie moléculaire, préparations chromosomiques, cultures de cellules), par type de secteur. Ces collections seront ensuite hébergées au Muséum national d’Histoire naturelle et seront à la disposition de la communauté scientifique nationale et internationale. Une photothèque et une vidéothèque seront également constituées afin de compléter les données.
La connaissance de la biodiversité est fondamentale pour mieux comprendre le fonctionnement des écosystèmes. Le résultat de ces efforts devrait permettre non seulement d’établir un inventaire détaillé de la faune marine sur la zone de Terre Adélie, et de connaître sa répartition, mais d’améliorer notre capacité à prédire l’avenir de notre biosphère dans un environnement changeant, du fait des perturbations provoquées par les icebergs, de la fracture des glaciers ou du réchauffement des masses d’eaux. L’objectif est de mieux comprendre l’évolution des espèces antarctiques en liaison avec l’histoire de cet océan mais aussi de proposer des modèles biogéographiques qui pourront être utilisés pour la gestion de cet océan (programme de bio-régionalisation de la CCAMLR). Les résultats de ces campagnes permettront d’alimenter la base de données internationale du SCAR-MARBIN (Marine Biodiversity Information Network).
Dans le cadre des changements climatiques, les variations d’abondance des espèces de krill et des poissons de la colonne d’eau (Pleuragramma antarcticum et Myctophidés) sont essentiels afin de comprendre comment ils influencent les chances de survie des prédateurs supérieurs (oiseaux de mer et mammifères marins). Avant de mettre en place un suivi à long terme de l’écosystème pélagique, il est nécessaire de déterminer les différentes régions océanographiques (1) de la côte au large mais aussi (2) en fonction des particularités de la zone entre la Terre Adélie et le glacier du Mertz. On sait que ce secteur est largement influencé par la fréquence des vents catabatiques Les vents catabatiques, du grec cata qui signifie vers le bas, sont des vents observés sous toutes les latitudes dans le monde dès que la course de l'air refroidi rencontre une pente sensible mais ils sont particulièrement très violents en Antarctique. La violence de ces vents s’explique entre autres par le contact direct des calottes glaciaires avec les couches inférieures de l’atmosphère qui deviennent alors extrêmement froides. Ces masses d'air froid se contractent et s'alourdissent encore lorsqu'elles se mettent en mouvement sous l'effet de la déclivité des calottes glaciaires.violents qui dévalent du continent et par la formation d’eau profonde. Nous tenterons de comprendre comment les organismes pélagiques réagissent à ces particularités.
Ces campagnes permettront de participer au programme de bio-régionalisation de la CCAMLR. Les résultats de ces campagnes permettront d’alimenter la base de données internationale du SCAR-MARBIN (Marine Biodiversity Information Network).