Mers Australes - Une mission scientifique en antartique

APRÈS L'EXPÉDITION

Réunion internationale à Stareso

Première étape du bilan scientifique

Du 21 au 24 avril 2008 se tient la première réunion internationale de concertation entre les scientifiques de la mission. Cette rencontre permet l’échange entre scientifiques engagés dans le programme CEAMARC et dessine une première étape du bilan scientifique.

Cette réunion a lieu dans la station marine STARESO à Calvi en Corse (STAtion de REcherche Sous-marines et Océanographique), annexe de l’université de Liège.
Les participants sont :
  • Rob Beaman de la Geoscience Australia, membre de l’équipage scientifique de l’Aurora Australis ;
  • Romain Causse du Muséum national d’Histoire naturelle, membre de l’équipage scientifique de l’Aurora Australis ;
  • Bruno Danis de la SCARmarBIN (SCAR Marine Biodiversity Information Network) ;
  • Marc Eléaume du Muséum national d’Histoire naturelle, membre de l’équipage scientifique de l’Aurora Australis ;
  • Anne Goffart de Université de Liège et chef de mission à bord de l’Astrolabe ;
  • Jean-Henri Hecq de l’Université de Liège, membre de l’équipage scientifique de l’Umitaka Maru ;
  • Naho Horimoto de l’Université de Tokyo, membre de l’équipage scientifique de l’Umitaka Maru ;
  • Graham Hosie de l’AAD (Australian Antarctic Division), chef de mission à bord de l’Umitaka Maru ;
  • Takashi Ishimaru de l’Université des Sciences et Technologies Marines de Tokyo et chef de mission à bord de l’Umitaka Maru ;
  • Philippe Koubbi, professeur à l’Université Paris VI au Laboratoire d'Océanographie de Villefranche-sur-mer, membre de l’équipage scientifique de l’Umitaka Maru ;
  • Masato Moteki, professeur assistant de l'Université de Tokyo, membre de l’équipage scientifique de l’Umitaka Maru ;
  • Sophie Mouge, enseignante de Sciences de la Vie et de la Terre dans l’Académie de Créteil, correspondante à bord de l’Aurora Australis ;
  • Catherine Ozouf du Muséum national d’Histoire naturelle, membre de l’équipage scientifique de l’Aurora Australis ;
  • Patrice Pruvost du Muséum national d’Histoire naturelle, membre de l’équipage scientifique de l’Umitaka Maru ;
  • Martin Riddle de l'AAD, chef de mission sur l’Aurora Australis ;
  • Eric Tavernier de l’Université du Littoral, membre de l’équipage scientifique de l’Aurora Australis.
Les équipes scientifiques internationales

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Les équipes scientifiques internationales

© Sophie Mouge

Station marine Stareso

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Station marine Stareso

© Catherine Ozouf

Vue de Calvi

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Vue de Calvi

© Sophie Mouge

Bilan des chefs de mission

Tout d'abord, chaque chef de mission présente le bilan scientifique de son navire. Dans l’ensemble, la campagne CEAMARC est un succès.

A bord de l’Aurora Australis, trois objectifs majeurs ont été fixés :
  • échantillonner au plus près du glacier du Mertz ;
  • effectuer 4 transects profonds supplémentaires à des endroits précis au large de la station Dumont D'Urville (DDU) ;
  • échantillonner dans des zones pour lesquelles des indications précises sur la topographie des fonds marins sont déjà disponibles.

82 stations d’échantillonnage ont pu être exploitées, un fait assez exceptionnel car le plan d’échantillonnage, initialement prévu, a dû être partiellement modifié au gré des conditions climatiques, de la présence de glace mais également pour des raisons scientifiques. Le même cas de figure s’est présenté à bord de l’Astrolabe, néanmoins les 19 stations planifiées ont été explorées.

Le bilan est tout aussi positif sur l’Umitaka Maru où le nombre et la qualité des opérations scientifiques ont été plus que satisfaisants notamment grâce à la rigueur et au professionnalisme des cadets (jeunes officiers en cours de formation).

Deux faits sont soulevés par les chefs de mission : d’importantes récoltes de méduses antarctiques sur l’Umitaka Maru ainsi que des concentrations de plancton très faibles mesurées à bord de l’Astrolabe qui semblent imputables à la forte abondance de la glace de mer. La glace de mer est de l'eau de mer qui gèle pendant les hivers polaires et devient une surface dure et blanche.

Graham Hosie et Martin Riddle

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Graham Hosie et Martin Riddle

© Sophie Mouge

Organisation et diffusion des données

Les spécimens et échantillons récoltés lors de la mission viennent nourrir des travaux de recherche menés par les scientifiques impliqués dans le programme CEAMARC. Cette réunion est donc l’occasion de présenter les premiers résultats d’analyses des laboratoires et les différents projets scientifiques.

Cet échange permet également de repérer les besoins pour la suite du programme notamment le besoin d’harmonisation des standards. Les laboratoires impliqués dans le traitement et l’analyse des spécimens et des échantillons récoltés, utilisent des normes d’analyses qui différent d’un pays à l'autre. L’harmonisation des standards est donc indispensable pour la comparaison des résultats.
Devant la station marine

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Devant la station marine

© Sophie Mouge

Afin d’obtenir une vision de la biodiversité la plus exhaustive possible, les scientifiques embarqués à bord des navires ont conservé l’ensemble des spécimens collectés. Ils les ont d'abord triés par grands groupes (les poissons téléostéens, les éponges, les crustacés, les échinodermes, les mollusques, etc.). Ces échantillons ont ensuite été distribués pour étude, aux différents taxonomistes de la communauté internationale.

Un calendrier d’opérations pour l’année à venir est mis en place : le cheminement des lots de spécimens est clairement identifié ainsi que les différentes personnes qui seront en charge des échantillons pour étude.

En mai 2009 se tiendra le colloque du CAML. Graham Hosie, Martin Riddle, Anne Goffart et Takashi Ishimaru, s’y rendront en tant que chefs de mission afin de présenter au reste de la communauté scientifique les résultats des trois expéditions CEAMARC.

Les différents travaux de recherche

Agnès Dettai, maître de conférences au Muséum national d’Histoire naturelle, travaille sur le projet barcoding. L’objectif est d’obtenir une base de données qui établit le lien entre l’ADN d’un individu et l’espèce à laquelle il appartient.

Bruno Danis est le responsable du réseau SCAR-marBIN (Marine Biodiversity Information Network). Ce réseau correspond à une base de données qui recense des photographies et des informations précises sur la biodiversité marine antarctique.

Romain Causse travaille entre autres, sur le projet de la base de données CABO (CArnet de BOrd), récemment développée par les informaticiens du Muséum national d’Histoire naturelle. Elle a été expérimentée pour la première fois avec la campagne CEAMARC, elle contient donc toutes les données relatives aux échantillons triés par les chercheurs à bord de l’Aurora Australis.

Rob Beaman présente les prélèvements géologiques effectués à bord ainsi que les premiers résultats obtenus en laboratoire. Il a établi une cartographie précise de la région antarctique explorée lors de la mission à partir des relevés sous-marins. A l’aide d’outils et de caméras sous-marines, il a recensé différents paramètres tels que l’oxygénation du fond, la température, le type de sédiments, la topographie. À partir de ces données, des logiciels construisent des cartes précises.
Cartographies des températures du fond de l’océan austral

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Cartographies des températures du fond de l’océan austral
Les données cartographiques sont primordiales pour le travail de benthologues comme Philippe Koubbi ou Marc Eleaume. En effet, la répartition des organismes vivants au fond de l’océan est dépendante de la nature des fonds, de l’influence des courants, du passage des icebergs, de la salinité, etc. Ainsi, une meilleure connaissance de l’habitat des organismes est indispensable à la compréhension du fonctionnement des écosystèmes sous-marins.
Vue en 3D de la topographie du fond de l’océan austral

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Vue en 3D de la topographie du fond de l’océan austral

Conclusion de cette première réunion

Les discussions ont permis de définir les grandes lignes des articles scientifiques qui seront rédigés pour le congrès prévu à Gênes en 2009. Chaque participant a sous sa responsabilité la rédaction d’un article de synthèse qui présentera les résultats de la mission. L’objectif est de les compiler sous la forme d’un livre bilan pour la communauté scientifique et pour le CAML et d’attirer l’attention de la communauté scientifique sur le travail du programme CEAMARC lors des prochains congrès internationaux. L’organisation des collaborations internationales ainsi que le travail à venir en laboratoire ont été planifiés pour les mois qui viennent.

La conclusion de cette réunion n'est pas uniquement un bilan scientifique. La réussite du site internet Mers Australes ainsi que des projets pédagogiques menés auprès des classes, soulignent toute l’importance d’assurer la diffusion des connaissances vers le grand public et les scolaires.

 

Dans la salle de réunion

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Dans la salle de réunion

© Sophie Mouge