Mers Australes - Une mission scientifique en antartique

LES TROIS NAVIRES

L'Astrolabe

Fiche technique

L’Astrolabe est un brise-glace de la compagnie P&O Australia, affrété par l’IPEV. Il sert de navire de ravitaillement et de relève de la base de Dumont D’Urville en Terre Adélie. Chaque année, cinq rotations sont effectuées de Hobart (Tasmanie) et Dumont d’Urville, pendant la période comprise entre octobre et mars. Cargo, paquebot, pétrolier, porte hélicoptère et navire scientifique font de ce brise-glace un navire polyvalent.

Depuis 2003, le programme Ichtyologie Côtière en Terre Adélie (ICOTA) étudie chaque été l’écosystème pélagique du plateau continental Est-Antarctique entre la Terre Adélie et le glacier du Mertz, l’un des plus grands de la région. Ce programme consiste à étudier la répartition des abondances des stades larvaires de poissons téléostéens, principalement l’espèce Pleuragramma antarcticum, par rapport à ses proies comme le phytoplancton, le zooplancton (essentiellement les copépodes) et les euphausiacés (Euphausia crystallorophias), proies ou compétiteurs de cette espèce.

En 2004, 2005 et 2006, les distributions spatiales des larves de poissons téléostéens et des euphausiacées ont été comparées aux zones d’alimentation des Manchots Adélie de la base de Dumont d’Urville. Les manchots étaient suivis par balises Argos grâce à une collaboration avec le Centre d’Etudes Biologiques de Chizé - programme de la Zone Atelier Antarctique du CNRS.

Pour effectuer ces travaux d’océanographie à bord de l’Astrolabe, il a fallu avec les commandants, les officiers et les services logistiques de l’IPEV, et plus particulièrement Alain Pottier, Patrice Godon et Alain Pierre, réfléchir sur les modifications à apporter à ce navire. Les scientifiques, les marins et les logisticiens ont mis en commun leurs compétences pour développer un programme de recherche.

Actuellement, il n’est pas possible de mener des travaux d’océanographie au large ou de chaluter. Cependant, son tirant d’eau étant faible, l’Astrolabe peut effectuer des travaux très près des côtes là où les gros navires hésitent à s’aventurer. L’Astrolabe offre l’avantage d’avoir un calendrier de rotations régulières vers la base de Dumont d’Urville ce qui permet d’imaginer le développement d’un programme à long terme d’observations saisonnières de l’écosystème. Cela sera l’objectif du futur programme Integrated Coastal Ocean Observations in Terre Adélie (ICO²TA), héritier des programmes ICOTA et CEAMARC.

Pour CEAMARC, l’Astrolabe effectuera des mesures sur la masse d’eau : par des bathysondes ; des prélèvements d’eau (sels nutritifs, pigments photosynthétiques) ; des prélèvements de plancton (du phytoplancton au zooplancton) et de larves de poissons. Divers filets à plancton seront utilisés.
Pont de l'Astrolabe

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Pont de l'Astrolabe

© Philippe Koubbi

Les principales dimensions du navire sont :

  • longueur totale = 65 m;
  • largeur = 13,0 m;
  • tirant d’eau = 4,7 m ;
  • tonnage brut = 1 753 T ;
  • tonnage net = 525 T. 
La vitesse maximale est de 14 noeuds et celle de croisière de 12 noeuds. Il existe quatre ponts, dont la calle qui permet d’accéder à la plage arrière et la passerelle. Une plateforme peut recevoir un hélicoptère.


La capacité d’accueil de l’Astrolabe est de 50 passagers et 12 membres d'équipage dont 5 officiers. L'Astrolabe a une infirmerie et un médecin à bord.

L'Astrolabe

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L'Astrolabe

© YvesFrenot/IPEV

Chef de mission et Chef de programme

Anne Goffart travaille actuellement au laboratoire d’Océanologie de l’Université de Liège. Elle est spécialiste de l’étude de l’impact des changements climatiques sur les composantes de l’écosystème pélagique. Elle examine en particulier les modifications potentielles qui s’expriment en termes environnementaux (modifications de la biodiversité et du fonctionnement des réseaux alimentaires), en termes économiques (modifications des ressources exploitables) et en termes de santé publique (apparition d’espèces nuisibles ou toxiques pour l’homme). Elle développe ses recherches dans deux zones de référence très peu perturbées par l’activité humaine : la Baie de Calvi (Corse) et, en Antarctique, la région comprise entre la base de Dumont Durville et le glacier du Mertz. Elle est la coordinatrice du programme antarctique belge Pelagic Antarctic Diversity (PADI), financé par la Politique scientifique belge. Depuis 2004, les programmes antarctiques belges PELAGANT et PADI sont jumelés avec le programme français ICOTA. Anne a participé à la mission ICOTA à bord de l’Astrolabe en Janvier 2007. Elle est chargée de trois principales missions à bord du navire :
  • elle coordonne les recherches de l’équipe scientifique du programme ;
  • elle est l’interlocuteur principal auprès du commandant du navire et du représentant de l’IPEV ;
  • enfin, elle mène ses recherches sur la dynamique des communautés phytoplanctoniques, en relation avec les caractéristiques physiques des masses d’eau.

Philippe Koubbi est le chef du programme scientifique Ichtyologie Côtière en Terre Adélie (ICOTA) à bord de l’Astrolabe. Ce projet est soutenu par l’IPEV et a été inclus dans le programme CEAMARC du Census of Antarctic Marine Life (dirigé par Graham Hosie). Anne Goffart est, cette année, le chef de mission de ce projet à bord de l’Astrolabe, elle remplace Philippe Koubbi qui sera sur l’Umitaka Maru IV.

Anne Goffart, chef de mission à bord de l'<i>Astrolabe</i>

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Anne Goffart, chef de mission à bord de l'Astrolabe

Philippe Koubbi, chef du programme scientifique ICOTA sur l'<i>Astrolabe</i>

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Philippe Koubbi, chef du programme scientifique ICOTA sur l'Astrolabe

Equipe scientifique

Pierre Lejeune est directeur de la Station de Recherche Sous-Marines et Océanographiques STARESO de Calvi en Corse (laboratoire marin fondé par l’Université de Liège). Ses activités vont de l’élaboration et de la coordination de programmes scientifiques centrés sur l’aide à la gestion du littoral jusqu’à leur mise en œuvre en mer. Pierre est spécialiste du comportement des poissons et de la logistique en océanologie côtière. Il a participé à de nombreuses missions internationales, dont plusieurs missions de plongée en saturation avec la NOAA, et à une mission ICOTA à bord de l’Astrolabe en Janvier 2006. Durant la mission, Pierre aura pour charge la mise en œuvre des engins de prélèvement et participera à l’échantillonnage du plancton et des larves de poissons.

Stéphanie Pavoine vient de passer une année en Terre Adélie. Ingénieur halieute de formation, Stéphanie a, pendant l’année 2007, effectué les prélèvements de poissons et de plancton à travers la banquise. La mission à bord de l’Astrolabe sera le point final de son hivernage avant de rentrer en France.

Alain Pottier est le Bosco de l’IPEV des missions à bord de l’Astrolabe. Grâce à lui, chaque année, nous modifions le navire en bateau océanographique pouvant effectuer des prélèvements d’eau et de plancton. Il assure les opérations de mise à l’eau et de retrait des engins en liaison avec les officiers.

Alain Pierre est le chef des opérations de l’IPEV à bord de l’Astrolabe. Il assure la bonne liaison entre les divers programmes scientifiques, les conditions de mer et les officiers du navire.

D’autres hivernants compléteront l’équipe : Thomas Romero, glaciologue, et David Lazin, ornithologue.

D’autres programmes marins se dérouleront également à bord de l’Astrolabe dont les programmes ALBION (étude hydrologique) et KREVET (étude physiologique du krill).

Pierre Lejeune, Anne Goffart, Alain Pottier et Stanislas Zamora (le commandant)

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Pierre Lejeune, Anne Goffart, Alain Pottier et Stanislas Zamora (le commandant)

Stéphanie Pavoine, Thomas Romero, David Lazin et Anne Goffart

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Stéphanie Pavoine, Thomas Romero, David Lazin et Anne Goffart