mercredi 19 décembre 2007 à 17:21

Passage du 50ème parallèle Sud… le temps clément favorise la mise en place des outils scientifiques

Par Sophie Mouge. Correspondante à bord de l'Aurora Australis

Ça y est ! Nous avons passé la ligne de latitude 50° Sud appelée ici the furious fifties (en français, « 50èmes hurlants »). Nous nous attendons au pire. Ces fameux 50èmes hurlants doivent leur nom à une météorologie qui peut s’avérer terrible dans ces régions ! Ces endroits sont des zones de rencontre entre les courants océaniques et atmosphériques des zones tempérées et polaires donnant ainsi naissance à des vents très forts et de très grosses vagues. Paradoxalement, c’est aujourd’hui que nous ressentons le moins les mouvements du bateau. Le capitaine est agréablement surpris par le beau temps qui se maintient au-dessus de nos têtes. "Touch wood" nous dit-on à la passerelle !

Les scientifiques français se préparent à échantillonner les organismes marins qui seront conservés dans les collections nationales pour étude.

Des récipients contenant du formol (en solution aqueuse à 43%) et de l’alcool (éthanol pur) ont été embarqués sur l’Aurora Australis. Les bidons qui recevront les spécimens de faune marine doivent être maintenant préparés. Ces bidons sont ainsi remplis d’eau de mer complétée avec du formol (10 bidons de 100 l). Il faut neuf volumes d’eau de mer pour un volume de formol.

Bernard Métivier, Romain Causse et Samuel Iglesias remplissent les bidons d’eau de mer.


Le formol est destiné, avant tout, à la fixation des poissons téléostéens et des chondrichtyens (raies-requins). Ces spécimens seront, lors de leur retour au Muséum, préservés dans des bains d’éthanol à 85°. Dans les bidons d’éthanol (30 bidons de 45 l), seront mis une grande partie des autres organismes marins tels des échinodermes, des mollusques, des crustacés, des spongiaires. L’éthanol sert ainsi à la fixation et la préservation des spécimens. L’utilisation de masques à gaz et d’une tenue de travail s’avère indispensable pour éviter toute inhalation du produit chimique et tout contact dangereux avec la peau.

Romain Causse se protège pour manipuler des produits dangereux sur le pont, à l'air libre.


De son côté, Jean-François Barazer assure le montage et la remise en état des chaluts.

Jean-François Barazer montrant le chalut dans son ensemble.


Le chalut est composé de deux grandes parties : le filet dans lequel seront concentrés les organismes et la perche en bois qui maintient l’ouverture du filet, d’où leur nom de "chalut à perche". Une longue poutre en chêne de Tasmanie (de 4 mètres de long et 16 cm de large) constitue la perche.

Jean-François Barazer assis sur les perches en bois.


A ses extrémités sont fixés des étriers en métal forgé (ou patins). Ces derniers assurent l’ouverture verticale du chalut. Leur partie inférieure est constituée d’une semelle qui glisse sur les fonds océaniques et qui travaille légèrement inclinée sur le talon arrière incurvé.

Un étrier. Jean-François Barazer montre l’inclinaison de la semelle quand elle est immergée.


Ce dispositif améliore la qualité des prélèvements. Les perches en bois peuvent casser facilement sur des fonds rocheux c’est pourquoi nous en avons embarqué 10 !

Jean-François épissure les deux câbles qui seront maillés aux étriers, c’est-à-dire qu’il fabrique manuellement des boucles à l’extrémité de chaque câble afin de les fixer aux étriers grâce aux manilles.

Exemple de boucle.


Chaque câble est constitué de 6 torons (ou brins) torsadés et d’une âme textile huilée à l’intérieur.

Jean-François Barazer construit des épissures.


Ces câbles peuvent supporter chacun jusqu’à 11 tonnes de traction.

Une fois, ces préparatifs terminés, le chalut est prêt à être envoyé à la mer. C’est ainsi que les équipes à bord espèrent collecter des organismes qui permettront de décrire les communautés benthiques vivant au large de la Terre Adélie...

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